KHEOPS

PYRAMIDE DE KHEOPS

 

ENTREE NORD, 17e ASSISE

 

(Extrait du livre "Secrets et Mystères de la Grande Pyramide")

 

Strabon, dans sa Géographie, au début de notre ère, écrivait sans l’avoir vu, que la Grande Pyramide possédait à quelque hauteur sur une de ses faces une pierre qui peut être retirée et qui, une fois soulevée, donne accès à une galerie en pente jusqu’aux fondations. La galerie annoncée par Strabon existe effectivement. Elle fut longtemps masquée par le revêtement de calcaire blanc qui couvrait toute la surface extérieure de la pyramide de Khéops. Très étroite, elle débouche à 15 m environ au-dessus du sol et à 7,35 m à l’est du plan symétrie nord-sud de l’ouvrage.

Il a fallu attendre l'an 820 après J.-C., date confirmée par l'état des lieux et par les récits des chroniqueurs de l'époque, pour que la curiosité impie disent les uns, savante prétendent les autres, du successeur d'Aroun-Al-Raschild, le calife Al-Mamoun, démontre que cette montagne lumineuse contenait autre chose que des pierres. A cette époque, rien encore n'indiquait l'entrée de cette gigantesque colline, ni même ne prouvait que cette entrée existât.

Aujourd'hui, nous pouvons contempler cette entrée située au niveau de la 15e assise et déportée de 14 coudées à l’est de l’apothème de la face nord de la Grande Pyramide, et nous interroger sur son sens pratique ou symbolique. En effet, les linteaux et chevrons qui surmontent cette entrée sont curieusement surdimensionnés par rapport à l'ouverture.

Aujourd’hui les visiteurs empruntent, par mesure de commodité, une autre entrée plus large et plus près du sol, qui fut percée selon la tradition arabe, par le calife Al-Mamoun. L’histoire de cette ouverture est fondée sur un ouvrage de Macoudi, portant le titre: Histoire des temps passés et des choses que la fortune a détruites.

Compte tenu de la faible pression exercée sur les pierres de l’entrée, de l'ordre de 0.75 kg par centimètre carré, les cinq mètres de hauteur sont à première vue inexplicables.

 Entrée nord de la Grande Pyramide.

Comparativement à l'énormité de l'ensemble qui la protège, cette entrée est minuscule. Une chose est certaine, c'est qu'à peine suffisante pour le passage d'un homme courbé (1,05 m x 1,20m),  elle n'a pas été  conçue pour l'aménagement des salles avec les meubles de l'époque, pas plus que pour le passage d'un cortège funéraire. Il suffit pour s'en convaincre, d'examiner le mobilier funéraire de la mère de Khéops, exposé au musée du Caire, aussi imposant que très difficilement démontable.

En comparant l'entrée de la Grande Pyramide avec celles des autres Pyramides de la IVe dynastie, on peut constater que dans ces dernières les entrées comportent un linteau unique d'un peu plus d'un mètre d'épaisseur, suffisant pour assurer la résistance, tandis que dans celle de Khéops  le  dispositif  est  surmonté  d'un énorme linteau de 2.56 m de hauteur, renforcé d'un autre linteau haut de 1.56 m, coiffé d'une superbe voûte en chevrons dont la hauteur atteint les 6.60 m. On peut se demander pourquoi tant de complications pour un passage aussi exigu, d'autant que dès la première dynastie pharaonique, les égyptiens connaissaient les lois de la physique concernant la poussée des matériaux, de la pression, des forces résultantes et de la poussée de compression.

En outre, ainsi que l'ont révélé les instigations des deux Français Gilles Dormion et Jean Patrice Goidin “Les nouveaux mystères de la Grande Pyramide, éditions Albin Michel,” le gros linteau est en réalité constitué de trois plaques de 20 tonnes chacune, manœuvrables,  assemblées  entre elles par du plâtre, mais non encastrées dans la maçonnerie environnante. De plus, la présence de deux blocs, insérés entre la dernière plaque et le linteau sous les voûtes est attesté. Le second est posé en retrait des voûtes, et plus haut encore, un linteau droit comporte trois créneaux de la même section. Chapeautant l'ensemble, sont posées les deux voûtes en chevrons.

Depuis l'antiquité, les hommes ont toujours su que la voûte n'a qu'une seule fonction: celle d'offrir par le vide qu'elle dégage, un espace libre ne recevant aucune pression. L'architecte de Khéops a démontré qu'il maîtrisait parfaitement cette technique de construction, et nous pouvons nous interroger sur la présence des plaques remplissant le dessous de cette voûte qui à elle seule était plus que suffisante à la répartition des charges au-dessus de l'entrée présumée de la pyramide qui au départ de sa pénétration dans la pyramide n’a que 1,17 m de haut et 1,32 m de large. Quel intérêt de faire réaliser, dans les conditions de manutention de l'époque, un dispositif aussi gigantesque et compliqué sinon pour protéger un autre passage plus approprié à la vocation de cet édifice.

Répartition des forces sur l’entrée nord.

D’autre part, il est à noter qu’afin d’ajuster et d’asseoir correctement les blocs constituant le sol de la descenderie au niveau de la porte basculante, il fallut ajouter, entre la 14e et la 15e assise ayant respectivement 0,748 m et 0,715 m de hauteur, une assise supplémentaire n’ayant que 0,11 m d’épaisseur.

Il est intéressant de noter que dans les pyramides de Snéfrou, père de Khéops, ainsi que dans celle de Khéphren et de Mykérinos, il y a toujours deux entrées et deux couloirs. Il est donc probable que celle de Khéops soit bâtie sur le même principe.

D'autre part, comment expliquer la présence d'une pierre en calcaire de Tourah, matériau habituellement réservé au pavement des circulations internes, entre la dernière plaque et le linteau crénelé, autrement que par la présence d'un second couloir? Pourquoi ne pas s'être contenté du système à un seul linteau, employé par le père de Khéops puis par les Rois qui lui succédèrent ?

Hypothèse d'un seconde entrée

Il apparaît que cette entrée, de par sa forme et les éléments qui la compose, remplissait une fonction symbolique. Grâce à son linteau, immense hiéroglyphe évoquant le flot, l'entrée reflétait une volonté grammaticale et non une erreur architecturale. Elle représentait la porte de la renaissance.

Sous la voûte dite de décharge, à l'abri et comme protégé par le double linteau, le bloc de pierre crénelé mérite qu'on s'y arrête. Si nous examinons de plus près cette découpe, nous y retrouvons une forme qui nous est familière. En effet, ce bloc de pierre sculpté formé d'une partie centrale excavée, bordée par deux monticules, peut être assimilé visuellement au hiéroglyphe Djout qui signifie la montagne d'or. En poussant l'étude analogique encore plus avant, il apparaît que ce signe exprimant l'horizon sur le linteau de la porte d'entrée  avait  la  même  forme que le sol de la salle souterraine, alors que l'accent circonflexe qui le surplombe est dans son aspect général assimilable à la pyramide elle-même.

Détail de l'entrée Nord de la Pyramide

Jusqu'au moyen âge, c'est à dire jusqu'à l'époque où les envahisseurs Musulmans l'utilisèrent comme carrière de pierre pour la  reconstruction des monuments de la ville du Caire, la Grande Pyramide possédait son revêtement de calcaire. Par conséquent, la porte d'entrée avait été délibérément cachée par les prêtres égyptiens, comme s'ils avaient tenu à garder secret un message pour l'éternité.

Cependant, lorsque nous apercevons aujourd'hui, dans l'assemblage des blocs, la forme d'un accent circonflexe, nous y lisons un hiéroglyphe qui se retrouve fréquemment reproduit sur de nombreuses représentations architecturales ou  picturales,  tout au long de l'histoire de l'Egypte. Si cet immense chevron était un hiéroglyphe, s'il avait une valeur symbolique et religieuse, n'aurait-il pas eu alors une signification importante aux yeux des égyptiens ?

Ce signe est généralement porté par Pharaon durant sa course rituelle du jubilé royal, en vue d'obtenir du Dieu Khnoum une crue abondante.

La course du jubilé royal

Cet instrument, sorte de double équerre, est le hiéroglyphe Hep exprimant la notion de renaissance.   Nous retrouvons d'ailleurs le radical Hep, dans le nom de Hapi, dieu de l'inondation (le détail d'une peinture trouvée dans la vallée des Reines représente le nom d'Hapi qui, en hiéroglyphe, est composé de deux roseaux, d'un carré et d'un double accent circonflexe.)

La forme du linteau en accent circonflexe est un hiéroglyphe fréquemment reproduit: on le retrouve, à huit siècles d'écart, porté par le roi Thoutmosis dans sa chapelle de Karnak.

Le nom de Hapi, dieu de l'inondation

Alors, derrière cette porte nous savons qu'il y a une galerie, et que celle-ci mène à la partie supérieure basse de la Grande Galerie. On peut observer que les pierres à cet endroit ont été posées maladroitement en les tirant vers l'extérieur, vers l'intérieur d'une galerie laissant apparaître des traces de scellement. Les chercheurs sont formels, les joints qui habituellement sont si fins qu'on ne peut y glisser une lame dans les interstices, sont larges et libres à l'endroit située très exactement à l'opposé du couloir, au droit du passage supposé. Quand on connaît la méticulosité des égyptiens en matière de jointoiement, on ne peut que s'étonner de cette "anomalie".

Ce qui justifie du changement brutal de hauteur, c'est la mise en oeuvre d'un plancher à égale distance entre le sol et le plafond.

  

Ce plancher correspond à la partie supérieure de la chambre des herses qui ferme la chambre du roi. ce qui laisse supposer l'existence d'une chambre accolée à la chambre du roi, protégée par ses chevrons.

Cette hypothèse, qui a fait l'objet d'une étude en 1987, publiée dans son livre "Secrets et mystères de la grande pyramide" par Robert MINGAM semble aujourd'hui faire l'objet de toutes les attentions de l'égyptologie moderne.

 

Robert MINGAM

 

 

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