MOÏSE L'EGYPTIEN (4)

MOÏSE L'EGYPTIEN

 

(HYPOTHESE DE TRAVAIL)

 

 

LES HYPOGEES FUNERAIRES

DE SENENMOUT

 

L’importance de l’influence que Senenmout a acquise vers la septième année est illustrée par une série sans précédent d’aménagements funéraires grandioses qu’il entreprit pour lui-même sur la colline de Cheih El Gournah.

C’est par faveur extraordinaire que Senenmout eut la permission de creuser l’un  de  ses  tombeaux  dans  l’enceinte  même  du  grand temple de Deir el-Bahari, non loin de l’entrée de la terrasse inférieure, sur la droite en montant vers lui.

Vue en coupe axonométrique de la tombe 71

montrant un plan élaboré et les détails architecturaux.

 

Ce tombeau portant le numéro 71 dans la série des tombes thébaines, est localisé au sommet de Cheih Abd El Gournah et domine la nécropole de Thèbes, le Nil, les temples de Karnak et de Louxor dans le lointain.

Creusé dans le dur calcaire de la colline, la façade était rythmée par de merveilleuses niches, et huit fenêtres permettaient à la lumière de pénétrer. Les salles intérieures de la tombe avaient un plafond de plus de 4 mètres de haut ;  les  parois  des  murs étaient rendues lissées par des couches d’enduit fin décoré de scènes peintes avec éclat. Malheureusement endommagées par le déplacement naturel des riches au cours des siècles, ces peintures qui aujourd’hui subsistent encore ici et là seulement en fragments, révèlent l’habile savoir-faire des artisans du début de la XVIIIe dynastie. Y sont peintes les plus anciennes représentations égyptiennes de porteurs de tributs crétois, des scènes de la procession funéraire de Senenmout, le transport des statues du défunt, et un long menu rituel. Le mur occidental le plus éloigné comporte une stèle fausse porte en quartzite rouge (aujourd’hui à Berlin) sur laquelle est représentée une offrande de nourriture, et au-dessus une niche en pierre striée qui peut avoir servi à porter une des statues.

Mais Senenmout prépara ailleurs un autre caveau pour sa tombe : dans la vallée de l’Assassif, au pied de la carrière de pierre adjacente au temple funéraire d’Hatshepsout.

Ce tombeau intrigua nombre d’égyptologues. En effet, celui-ci portait des inscriptions l’attribuant à Senenmout, architecte de la reine, ce qui ne s’était encore jamais vu en Egypte. Habituellement, les architectes, même les plus géniaux, n’étaient jamais enterrés dans l’enceinte des temples qu’ils construisaient mais dans des tombes creusées dans la montagne et dans une autre vallée que celle de leur maître.

La tombe la plus basse de Senenmout, 353, consiste en un long couloir taillé dans de l’argile meuble qui descend progressivement à 60 mètres jusqu’à ce qu’il atteigne la couche de calcaire dur.

Ce long boyau qui descend sous terre est creusé sous l’angle Nord-Est de la terrasse inférieure du temple. Sur les parois des bas-reliefs on retrouve son nom gravé. Gravés avec force détails, les murs de la première chambre comportent des textes mentionnant les plus anciennes liturgies funéraires codifiées qui ont pour but d’assurer la transfiguration du défunt en une âme pleinement préparée, ainsi que plusieurs chapitres du Livre des Morts décrivant la topographie de l’autre monde.