MOÏSE L'EGYPTIEN (2)

 

MOÏSE L'EGYPTIEN

 

(HYPOTHESE DE TRAVAIL)

 

 

UN EGYPTIEN NOMME "MOÏSE"

 

En analysant les documents de l’époque, nous pouvons attester qu’Aménophis 1er, second roi de la 18e dynastie, aurait régné durant 21 ans entre 1527 et 1506 avant notre ère. C’est également par calcul chronologique et comparaison astronomique que nous pouvons attester de la naissance de Moïse en l’an 2 de son règne. En effet, l’Exode des enfants d’Israël ayant eu lieu entre 1446 et 1447 avant J.-C., la Bible nous enseigne que Moïse se serait enfuit d’Egypte à l’âge de 40 ans et serait resté 40 autres années dans le désert avant de revenir chercher son peuple. Sa naissance serait donc intervenue 80 ans avant la date présumée de l’Exode, c’est à dire en 1525 avant J.-C., soit dans la seconde année du règne d’Aménophis 1er.

Etonnamment, c’est sur cette 18e dynastie et sa lignée continue de souverains qui gouvernait à Thèbes que nous sommes le mieux documentés. Lorsque cette famille royale s’est installée sur le trône de Haute Egypte, une autre dynastie que les égyptiens qualifiaient de princes étrangers, gouvernait la Basse Egypte, et plus particulièrement la région du delta. Parmi ces étrangers d’origine asiatique se trouvaient les descendants de Jacob, c’est-à-dire les Hébreux.

Les Hébreux étaient pour la plupart, des tribus syriennes, araméennes, etc…, colonisant la Palestine pour l’essentiel, à l’époque d’une grande pression démographique. Ils s’uniront à des groupes relativement peu nombreux d’Hyksos originaires de Syrie, du pays de Sumer et d’Akkad.

Les anciennes écritures précisent la présence de ces « Rois bergers » depuis la 6e dynastie pour finir avec la 17e dynastie. Durant une centaine d’années ces princes étrangers que l’on nomme les Hyksos n’ont jamais étendu leur empire sur toute l’Egypte mais se sont contenté d’en occuper le Delta Oriental. L'invasion Hyksos n'a certainement pas eu le caractère brutal que lui attribue Manéthon. Au fil des découvertes, elle apparaît davantage comme le résultat d'infiltrations progressives : les princes étrangers, nomades opportunistes, semblent tout simplement avoir profité de la faiblesse d'un pouvoir impérial alors en pleine décomposition pour gagner de nouveaux territoires. Leur fusion avec les Indo-européens qui rejetaient les anciennes croyances au niveau de simples idoles de pierre, et l’invention du char, à une époque où les chevaux ne pouvaient pas encore porter un homme, avait donné aux Hyksos un avantage décisif dans la guerre au détriment des égyptiens.

Durant cette période, les Apirou, nom donné aux Hébreux par les égyptiens, étaient fort nombreux. Ils s’étaient établi dans le delta du Nil et formaient un peuple au milieu des égyptiens, séparés par leurs mœurs, leurs cultes et leur langage. Tout en demeurant sous la dépendance des Pharaons régnants, ils avaient leurs chefs particuliers et jouissaient d’une grande liberté.

Nous  connaissons  l’existence  des  Hébreux,   par  un  décret  du  pharaon régnant à l’époque de Joseph, qui précisait que ce peuple pouvait  vivre  librement  sur  le  territoire  égyptien,  et  que  ses dirigeants étaient considérés comme des rois. Lorsque Jacob mourut, la description de ses funérailles fut exactement la même que celle des pharaons: (GEN 50:2) Si, depuis de nombreuses années les Hébreux vivaient paisiblement en Egypte, avec leurs propres souverains, il ne semble pas raisonnable de supposer que ceux-ci puissent prendre le parti d’un envahisseur étranger et devenir une "épine dans le côté" des égyptiens natifs de ce pays. Pourtant, lorsque les souverains égyptiens originaires de Thèbes se sont proposé de réunifier le pays en expulsant les Hyksos du delta, ils ont considéré que les Hébreux devaient également partir.

Taxés de collusion avec les ennemis de l’Egypte, les Hébreux furent contraints de s’exiler. Ceux qui restèrent en Egypte furent persécutés et furent contraints de fabriquer des briques et travailler avec les prisonniers de guerre à construire des villes.

En dépit des mauvais traitements dont ils étaient accablés, les Hébreux continuèrent à se multiplier. En 1527 avant notre ère, Aménophis 1er nouvellement couronné roi de Haute et de Basse Egypte, « trouvant que les hébreux auraient, en cas de guerre, été trop puissants et trop nombreux, et qu’ils pourraient détruire son autorité en se joignant à ses ennemis », du, selon la Bible, « ordonner le sacrifice de tous leurs enfants mâles et prendre les Hébreux pour les durs travaux réservés aux esclaves ». Bien qu’aucune mention ne soit faite du nom des Hébreux, nous savons par les textes et par les reliefs gravés dans les temples, que ceux-ci étaient asservis sous la 18e dynastie.

AMENOPHIS 1er

Dès la première année de son règne, Aménophis 1er mit fin à un soulèvement Libyen et empêcha par deux fois les invasions étrangères dans le delta. Il combattit également les Nubiens dont il ramena quelques captifs à Thèbes. Il renforça son royaume, repoussant les frontières de la Haute et de la Basse Egypte. 

Portrait du pharaon Aménophis 1er portant la barbe postiche et le némès. Cette statue en calcaire peint a conservé sa polychromie. Elle a servi au culte du souverain, car Aménophis 1er, deuxième roi de la XVIIIe dynastie et fondateur de la nécropole royale de Thèbes, était vénéré par les ouvriers du village de Deir el-Medineh. Il s’agit d’une œuvre d’époque ramesside. Elle a fait partie de la collection Drovetti, constituée avant 1824.

Nous avons vu que la naissance de Moïse coïncidait avec la seconde année du règne d’Aménophis 1er. Aussi, voyons ce que la Bible raconte sur cette époque et ce roi.

« Au moment où la persécution sévissait parmi les Hébreux avec le plus d’intensité, Jochabed, femme d’Amram, de la tribu de Levi, mit au monde un fils d’une beauté extraordinaire. Ne pouvant se décider à le voir périr, elle le tint caché pendant trois mois ; mais, désespérant de tromper plus longtemps la surveillance des persécuteurs, elle l’exposa en pleurant, dans une corbeille, sur le bord du Nil. Sa fille nommée Myriam, se tenait à peu de distance, examinant ce qui allait arriver. A ce moment la fille du Pharaon vint au fleuve dans l’intention de se baigner. Ayant aperçu la corbeille au milieu des joncs, elle envoya une de ses suivantes pour la chercher. Emue de compassion à la vue du petit enfant qui pleurait : « C’est sans doute un enfant des Hébreux, » dit-elle. Et Myriam s’étant alors montrée, elle l’envoya chercher sa propre mère, afin qu’elle lui servit de nourrice. Plus tard, la princesse l’adopta et lui donna le nom de Moïse, c’est-à-dire Sauvé des eaux. Moïse fut élevé dans le palais du roi, où les prêtres l’instruisirent dans toutes les sciences des égyptiens. »

La Bible remarque  «  qu’il devint  puissant  en œuvres et en parole », c’est-à-dire qu’il devint architecte, homme politique influent et conseiller à la cour du roi.

Ce passage de la Bible correspondrait aux évènements auxquels Aménophis 1er  fut  confronté dès son avènement sur le  trône de Haute et de Basse Egypte, de ses craintes pour l’avenir de son règne dans une région exposée à la convoitise des peuples méditerranéens, et d’une inquiétante prolifération démographique du peuple Hébreux.

Malgré ces regrettables évènements tenus sous silence par les égyptiens mais relatés par la Bible et le Coran, Aménophis fut un bon souverain. Certes il combattit les peuples avoisinants pour reconstruire son Empire, mais il s’efforça de rétablir un pouvoir fort et un clergé puissant.

Aménophis I ( Djéserkarê Amenhotep) qui reçut l’insigne honneur d’être déclaré « dieu » par les prêtres bien avant sa mort, était un homme de petite taille ( 1,65 m environ). Sous son règne, les femmes de la famille royale ( sa grand-mère Tétishéri, sa mère Ahmès-Néfertari et sa sœur et femme Aâhhotep) eurent un rôle important. Même si celles-ci  ne pouvaient pas régner, elles étaient les seules à pouvoir transmettre le sang royal d'où les mariages consanguins entre frères et sœurs.

Toujours en se référant à la Bible, le pharaon n’aurait pas eu de fils pour lui succéder mais une fille d’origine royale incontestable. De sa Grande épouse royale, Amenhophis 1er eut deux enfants ; une fille, Ahmasis (Ahmès Hoteb Tari) et un fils, qui mourut dans sa petite enfance.